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Consommation

Gaspillage alimentaire : de la prise de conscience à la mise en œuvre

30 juin 2015

Gaspillage alimentaire : de la prise de conscience à la mise en œuvre

A l’instar de la nutrition, le gaspillage alimentaire intègre tous les niveaux de la chaîne alimentaire. De l’amont à l’aval de la filière, tous les acteurs prennent conscience des ravages du gaspillage et tentent d’éduquer le consommateur final.

Quand Tristram Stuart a débuté son combat contre le gaspillage alimentaire au début de la décennie 2000, « les supermarchés ne voulaient même pas parler de la quantité de nourriture qu’ils gaspillaient », raconte-t-il. « Après avoir constaté que des ordures pleines de nourritures étaient enfermées puis transportées jusqu’à des décharges, j’ai naturellement pensé qu’il y avait sûrement quelque chose de plus sensé à faire avec cette nourriture que de la gaspiller », expliquait-t-il en 2012 lors d’une conférence TEdX. Et de rappeler que les Etats-Unis ont « deux fois plus de nourriture dans leurs magasins et restaurants qu’il n’en faut pour nourrir le peuple américain ». Depuis lors, ce militant anglais, historien de formation, n’a eu de cesse de mesurer et de faire prendre conscience à l’opinion, aux entreprises et aux pouvoirs publics des ravages du gaspillage, notamment en organisant à Londres et à Paris des banquets « Feeding the 5000 » avec de la nourriture destinée à être jetée.

155 kilos d’aliments jetés par an

Les idées de Tristram Stuart ont fait leur chemin dans de nombreux pays. En France, des études ont été conduites à tous les niveaux de la chaîne alimentaire. Chaque année, plus de 2,3 millions de tonnes de nourriture seraient gaspillées dans la distribution. Et, au niveau des ménages, chaque individu jetterait 155 kilos par an (Sources : Rapport d’Urban Food Lab pour le ministère de l’Agriculture, et FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, 2011). La viande, les fruits et légumes sont les plus concernés mais très peu les produits laitiers frais qui ne représentent que 3 % du gaspillage alimentaire total des ménages selon une étude du bureau d’études Verdicité de 2013.

 

Don obligatoire des invendus consommables

Pour réduire de moitié ce gâchis d’ici à 2025 comme l’a recommandé le Parlement européen, le gouvernement a lancé un Pacte national « anti-gaspi » en 2013 et publié le rapport Garot en avril 2015, acté depuis mai 2015 pour mise en œuvre à compter du 1er juillet 2016, qui préconise d’interdire à la grande distribution de jeter et de rendre obligatoire le don des invendus consommables. « Le rapport Garot montre une prise de conscience des pouvoirs publics mais n’insiste pas assez sur la réduction du gaspillage à la source », estime Agnès Banaszuk, coordinatrice du réseau Prévention et gestion des déchets à France Nature Environnement.

Producteurs et distributeurs lancent à leur tour des initiatives. Aussi la marque anti gaspillage de fruits et légumes « Gueules cassées » qui concerne des produits bons mais non conformes en termes de présentation a-t-elle déjà conquis plus de 1 500 points de vente.

Les fabricants d’emballage s’intéressent aussi à la démarche. En Belgique, Tetra Pak®, partenaire de GoodPlanet Belgium, une association qui conçoit des programmes éducatifs favorables au développement durable, a lancé une étude auprès de 350 écoliers de 8 à 12 ans sondés sur le gaspillage alimentaire à l’école. 18 % d’entre eux reconnaissent par exemple jeter à la poubelle des tartines qu’ils ne mangent pas à midi. En cause, « le manque de temps et d’appétit lié à une heure de déjeuner trop avancée ou des portions trop grosses », précise Karin Struys, responsable communication à Tetra Pak Belgique. A partir de ce constat, Tetra Pak et GoodPlanet Belgium encouragent les écoles à mieux informer et sensibiliser leurs élèves ainsi qu’à mener des actions concrètes pour récupérer les résidus.

De formats adaptés au consommateur

Le Conseil National de l’Emballage (CNE), une association qui réunit toutes les parties prenantes de la filière s’implique également en recommandant sur son site un ensemble de bonnes pratiques qui contribuent à réduire le gaspillage : des formats adaptés aux besoins des consommateurs, des emballages refermables ou portionnables permettant une consommation différée, une optimisation du vidage des emballages… Pour progresser dans cette voie, ce sont finalement de petits gestes et réflexes qui en se cumulant finissent par changer la donne, qu’il s’agisse des consommateurs ou producteurs.

Luc Tribel © AdC

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