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Consommation

La ville, le nouveau terrain de consommation en mobilité ?

27 mai 2015

La ville, le nouveau terrain de consommation en mobilité ?

Devenu un vrai mode de vie, le snacking – ou prêt-à-manger - pose la question de son adaptation à la consommation en ville. L’attractivité des produits, la diversité des concepts de restauration, la praticité des emballages séduisent les nouveaux consommateurs. Mais comment la ville s’adapte-t-elle à cette nouvelle tendance ? Décryptage.

Alors que la restauration hors foyer n’était pas dans les habitudes des Français, le snacking n’en finit pas de séduire de nouveaux adeptes. Pour le Sociologue de la consommation Patrice Duchemin, cela s’explique sous l’effet de trois principaux facteurs : « le facteur économique, le facteur hédoniste (profiter davantage des espaces en plein air) et le facteur de temps (profiter du déjeuner pour faire des courses ou pour partir plus tôt le soir) ». Ce qui explique, selon ce dernier, que « de plus en plus de centres commerciaux intègrent des propositions d’espaces conviviaux ».

Reste que, souligne Sylvie Guingois, Spécialiste des comportements de consommation, « ce qui manque en France, ce sont de vrais « food court », des aires communes à plusieurs restaurants rapides pour que chacun puisse choisir son plat et ensuite déjeuner avec ses amis. Même dans les centres commerciaux récents, comme celui d’Aéroville, chaque enseigne a son espace ».

En outre, nous disposons en France d’une des offres les plus diversifiées en matière de concepts de restauration rapide, avec une cuisine riche et variée, ce qui fascine d’ailleurs les professionnels américains. Reste à l’Hexagone d’adopter le concept de « food court » qui associe snacking et convivialité. Le partage est une valeur montante, en lien avec le temps passé souvent seul devant son ordinateur. Exemple récent, Mamie Cocotte, néo-cantine ouverte en 2012 (dans le 92), qui « cultive l’art de vivre ensemble », autour d’une cuisine goûteuse, dans un espace chaleureux et convivial.

Option tout confort

En effet, explique Bernard Boutboul, Directeur Général de Gira Conseil, société d’études de marché spécialisée dans la consommation alimentaire hors domicile, « si, en France, nous avons un taux de vente à emporter (VAE) similaire à celui des Etats-Unis, de l’ordre de 50 %, nous ne mangeons pas, nous ne buvons pas en mouvement en France. C’est culturel, en lien avec notre respect de la nourriture et de l’alimentation ».

Nous ne sommes finalement pas de vrais mangeurs nomades ! C’est pourquoi les espaces de VAE nécessitent des places pour s’assoir. Et comme cette tendance va continuer à se développer et à monter en gamme, le taux de nomadisme va paradoxalement décroître. Ainsi, quand un grand chef crée un concept de restauration rapide - à l’image de Michel Bras avec Capucin à Toulouse -, le taux de vente à emporter est très faible.

Praticité et ergonomie

Cependant, précise l’expert de Gira Conseil, « 90 % de la VAE remonte au bureau. Celle-ci doit donc respecter trois critères : être propre, être facilement préhensible et être emballée. Sinon, cela ne fonctionne pas. Pour preuves, l’échec de la pizza, impossible à manger, et le succès jamais démenti du jambon-beurre ». Or, les emballages des produits nomades ne sont pas toujours adaptés pour transporter correctement un produit chaud ou froid.

Côté boissons, Tetra Pak a toujours proposé des petits formats adaptés au snacking. Récemment, la marque a développé « une innovation destinée à la consommation nomade urbaine : l’emballage Tetra Prisma Aseptic 330 ml et son bouchon DreamCap, précise Hélène Destailleur, Responsable Marketing jus et boissons plates. Ce dernier, de large diamètre (26 mm) pour un usage optimal en mouvement, quelle que soit la façon de boire (succion, versement, aspiration), est en outre facile à ouvrir, étanche et refermable. Il sera étendu à toute la gamme des boissons, 50 cl (en 2015) 20 cl (en 2017) ».

 

Bien trier les déchets après usage

Et que deviennent les déchets de cette consommation hors domicile ? Le consommateur a-t-il conscience de son impact sur l’environnement ? Quelles solutions lui proposent la ville et l’entreprise ? Le Sociologue Patrice Duchemin souligne que «  l’alimentation nomade étant avant tout un plaisir, le consommateur ne pense pas à la planète, mais la VAE et la ville n’y pensent pas non plus ! Preuve en est le train, lieu par excellence du snacking, où la poubelle sous la fenêtre, de taille microscopique, peine à recevoir un emballage en plastique rigide du sandwich triangulaire. Le consommateur est doublement pénalisé ! ».

A l’ADEME, partenaire d’Eco-Emballage, Sylvain Pasquier, Ingénieur au service Produits et efficacité matière, confirme que le sujet est à l’ordre du jour : « Nous finalisons une étude* sur la consommation hors domicile, afin de mieux cerner cette consommation nomade en termes de quantité et de type d’emballages. C’est une consommation en mouvement et donc une des plus difficiles à capter. La connaissance du gisement qu’elle représente va permettre de mieux cerner les enjeux, notamment le geste de tri. Pour l’heure, la voie publique se préoccupe essentiellement de la propreté, excepté quelques expériences de tri menées dans certains lieux publics, comme les gares, les aires d’autoroutes ou les parcs de loisirs. Mais ces expériences sont encore insuffisantes pour dégager des solutions ».

Accompagner les consommateurs

Pourtant, Patrice Duchemin estime que « c’est à la ville d’organiser la filière de recyclage des déchets, en installant, par exemple, des baraques dans les parcs qui récupèrent les restes d’un déjeuner nomade. Les professionnels de la VAE pourraient également s’y mettre en s’inspirant de la box payante proposée en Allemagne ». Le principe : chacun arrive au comptoir avec sa propre box et la fait remplir avec le repas de son choix. Car, observe l’expert, les gens font globalement attention à la planète, comme le prouve la propreté des parcs, mais ils sont mal accompagnés. Pour les aider à avoir le bon geste, il faut que ce soit facile, évident, sur leur route.

Il en est de même en milieu professionnel. Néanmoins, pour Monique Large, conseil en innovation chez Pollen consulting, des solutions existent. A l’instar de la reprise des gobelets de café (Good to go) ou encore d’un système de container positionné à l’entrée du bureau pour récupérer les emballages qui seront nettoyés et recyclés (G Box). Des expériences d’ores et déjà prometteuses.

* Cette étude devrait être publiée en juin prochain.

Véronique Olivier © AdC

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