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Industrie

L’« Eco-Encrage » devrait être un réflexe !

3 juillet 2014

L'« Eco-Encrage » devrait être un réflexe !

Fabrice Peltier, designer et créateur d’emballages, plaide pour une meilleure prise en compte de l’encre lors de la conception des emballages. Les gains pour le portefeuille et l’environnement sont en effet spectaculaires !

Se poser la question de la consommation en encres d’impression d’un nouvel emballage devrait être un réflexe. C’est en tout cas ce que souligne Fabrice Peltier, expert du design-packaging. « Acheter une voiture sans se demander combien elle consomme d’essence est inimaginable, martèle le designer. Cela devrait être la même chose lorsque l’on conçoit un packaging ! ».

Les principaux acteurs de l’industrie des PGC (produits de grande consommation) commencent d’ailleurs à intégrer dès la conception de leurs emballages la méthodologie d’optimisation de l’impression baptisée « Eco-Encrage ». Une méthodologie développée par Fabrice Peltier et que met en œuvre l’agence de création Diadeis pour laquelle il officie aujourd’hui.

« Plus de 250 produits de grandes marques ont été analysés depuis 2010 pour définir l’expertise et les moyens à mettre en œuvre, et affiner les modèles de calcul qui permettent un chiffrage précis des gains de l’Eco-Encrage », indique Fabrice Peltier. Ceux-ci sont spectaculaires. La diminution moyenne de la consommation d’encres est de 15 à 25 % mais elle peut atteindre 50 % voire davantage sur certains emballages. « Sans bien sûr paupériser la création ! Le décor garde la même fonction et le même impact marketing, et conserve sa lisibilité et son pouvoir d’attraction », insiste-t-il.

Plusieurs leviers pour faire varier la consommation en encres d’impression

Comment est-ce possible ? «  Il faut travailler sur la création et se poser la question de l’effet recherché et de la quantité ou du nombre d’encres (donc de couleurs, NDLR) nécessaires pour l’obtenir », explique l’expert.

Pour atteindre ce résultat, les leviers sont nombreux. On peut jouer sur les contrastes, ouvrir les dégradés, réduire les couleurs, pratiquer le sous-lignage plutôt que le sur-lignage ou encore limiter les surimpressions sur les à-plats. Notamment sur la base des emballages qui n’est pas visible par les consommateurs quand le produit est en rayon. « Cette technique du « less is more » se révèle très efficace quand on associe toutes ces solutions ! », s’enthousiasme le créateur d’emballages.

L’encre représente 7 à 8 % du prix d’un emballage

Les bénéfices sont à la fois économiques et écologiques. « L’impact économique de l’ « Eco-Encrage » est loin d’être négligeable d’autant que le prix de l’encre ne cesse d’augmenter, la part de l’encre représentant déjà 7 à 8 % du prix de l’impression d’un emballage », chiffre-t-il.

Les avantages sont bien réels également au moment du recyclage. L’« Eco-Encrage » n’est en effet pas une substitution, ce qui ne ferait que déplacer le problème, mais une réduction à la source avec des gains en eau, en émission de CO2, en énergie, en solvant … et donc aussi une réduction de la toxicité.

Or la préoccupation de la santé humaine est devenue primordiale. « L’« Eco-Encrage » est une démarche qui se révèle triplement gagnante. Elle va s’imposer comme une nécessité d’autant plus facilement qu’on n’enlève rien au process. Au contraire, on l’améliore », prédit Fabrice Peltier.

Philippe Matthieu © AdC

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