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Industrie

L’eau, l’élément essentiel de votre stratégie de production

3 juillet 2014

L'eau stratégie de production packaging

« Pétrole du 21e siècle, l’eau est précieuse pour votre activité. » Michael Zacka, President & CEO, Tetra Pak U.S.A et Canada, a livré son analyse au Huffington Post.

Aucune matière première ne semble préoccuper davantage les Américains que le pétrole. Les médias en suivent le cours de si près que je connais tous les chiffres par cœur : aujourd’hui, l’essence était à 4,27 USD le gallon en banlieue de Chicago, mon lieu de résidence et de travail. Quant au pétrole brut, il vient d’atteindre son cours le plus haut depuis neuf mois, avec 106,11 USD le baril.

Cette angoisse existentielle qui nous envahit à chaque évocation du prix du pétrole est justifiée. Il semble pourtant que nous oublions une autre ressource précieuse, indispensable et qui s’épuise dangereusement : l’eau. Sans cet élément indispensable à la vie, plus rien ne compte.

Comme pour le cours du pétrole brut, le prix de l’eau est monté en flèche au cours des 12 dernières années : il a doublé, voire triplé dans de nombreuses régions des États-Unis, d’après une étude menée sur 100 municipalités par le journal USA Today. Imaginez les répercussions que cela peut avoir sur le budget des ménages et les coûts de production des entreprises. Et à l’instar du pétrole brut, dont l’approvisionnement est menacé malgré le boom actuel de la production aux États-Unis, l’eau se raréfie de minute en minute.

De nombreux Américains pourraient prochainement prendre conscience de ce problème, car les pénuries d’eau dues à une forte demande et au changement climatique pourraient aussi bientôt frapper les villes de New York, Washington, Los Angeles et San Diego — où vivent environ 40 millions d’Américains — ainsi que la plus grande partie de la Californie et de nombreux États formant le grenier à blé des États-Unis, comme le Nebraska, l’Illinois et le Minnesota. C’est ce que révèle une nouvelle étude du Centre sur l’Eau de l’Université de Columbia sur les risques liés au stress hydrique et aux variations climatiques*. La majorité de la production alimentaire provient de ces régions soumises à un stress hydrique.

Les pénuries d’eau touchent toute la planète

Il est révoltant de constater que plus du tiers de la population mondiale, soit 2,6 milliards d’individus, n’a pas accès à de l’eau saine ou vit dans des régions touchées par la sécheresse. Et selon les prévisions, la demande en eau devrait être de 40 % supérieure à l’offre d’ici 2030. Voilà la troublante statistique que nous a révélée Alan Hinchman, Directeur Monde de la division Infrastructure chez GE Intelligent Platforms, lors d’une conférence organisée par Tetra Pak pour les principaux producteurs agroalimentaires d’Amérique du Nord. Nous avions demandé à GE d’intervenir en tant que fournisseur majeur de solutions pour le traitement et la gestion de l’eau.

Alan nous a également confié qu’au Canada, au Mexique et aux États-Unis, les pertes sur le réseau d’eau municipal étaient estimées entre 20 et 50 %. Autrement dit, à chaque fois que nous utilisons 1 000 litres d’eau, 250 à 1 000 litres d’eau supplémentaires sont perdus à cause de fuites sur les canalisations. On comprend mieux pourquoi l’Amérique du Nord a l’empreinte hydrique la plus élevée au monde (actuellement de 7 800 litres par personne et par jour selon nature.org). La mise en garde d’Alan ne nous a pas surpris : « L’Amérique du Nord devra bientôt régler une très lourde facture pour son infrastructure hydraulique. »

La dette de l’eau est imminente

Mais quelle en est l’échéance ? Alan dresse un tableau plutôt sombre. 30% des plus grandes villes américaines seront confrontées à une crise de l’eau au cours des trois prochaines années. Certaines sont déjà concernées et se disputent avec leurs voisines les droits sur l’eau, comme le Texas et l’Oklahoma, et même si l’eau est disponible, Alan nous rappelle que son prix a augmenté de 200 % au cours des 10 dernières années, et que cette progression devrait se poursuivre.

Alan anticipe que la concurrence autour des ressources en eau va s’intensifier très rapidement. L’approvisionnement en eau pourrait devenir dès à présent de mauvaise qualité ou inadéquat, un problème imminent que nombre d’entre nous ignorent, faute d’information.

La signification des chiffres

L’ironie de la situation, c’est que la plupart des entreprises ont mis en place des programmes sophistiqués et efficaces de développement durable. Pourtant, la gestion de l’eau semble arriver en dernière place sur leur liste de priorités « Je vois de plus en plus d’entreprises s’établir dans des régions où l’approvisionnement en eau est menacé, bien que la hausse de la demande et la baisse de la disponibilité en réserves d’eau de qualité en fassent grimper le prix et menacent de perturber la productivité. »

À l’évidence, les entreprises du secteur agroalimentaire sont fortement dépendantes d’un approvisionnement en eau de qualité, qu’elles utilisent cette ressource comme matière première, pour l’irrigation des cultures ou pour fabriquer et traiter leurs produits. L’eau a donc des répercussions sur les coûts à long terme, sur la qualité de nos produits et sur notre survie d’une façon plus générale.

Nous ne pouvons plus nous permettre de gaspiller l’eau. « De nombreuses civilisations ont décliné ou disparu pour n’avoir pas compris l’importance de l’eau et n’avoir pas su la gérer. Nous possédons un énorme avantage sur ces générations précédentes, car nous en savons plus sur l’eau et nous sommes capables de l’utiliser intelligemment, » « Cet objectif est à la portée de tous. Par exemple, depuis 1980, les agriculteurs ont réussi à diminuer leur consommation d’eau de 15 % alors que leur production a augmenté de 70 %. Soit une augmentation de la productivité de l’eau de 100 % dans l’agriculture », note et conclut Charles Fishman, journaliste américain.

La gestion de l’eau : un réel avantage concurrentiel demain

Le constat d’Alan est le suivant : « Nous sommes en train de passer très rapidement d’un monde où l’eau est presque gratuite à un monde où elle coûtera très cher. Le gouvernement devra résoudre les problèmes d’infrastructure, mais nous devons revoir l’utilisation de l’eau à la baisse dans nos process et prendre des décisions plus judicieuses dès à présent ». Tout comme l’innovation, qui constitue un secteur d’activité à part entière au lieu d’être morcelé en une série de nouvelles solutions, l’eau doit être étroitement intégrée à une stratégie d’entreprise globale. D’autres experts pensent, comme Alan, que chaque étape de la production présente un potentiel d’amélioration.

Voici la démarche qu’ils préconisent :

1. Gérer la chaîne logistique avec attention. La consommation d’eau directe de la plupart des entreprises paraît dérisoire comparée à leur consommation d’eau virtuelle, c’est-à-dire la quantité totale d’eau nécessaire pour produire un bien, du début à la fin. Par exemple, selon l’U.S. Geological Survey (Institut d’Etudes Géologiques des États-Unis), 38 litres d’eau sont nécessaires pour produire une tranche de pain, 132 litres pour une tasse de café et 416 litres pour une livre de maïs. Il faut 10 220 litres pour produire un hamburger.

2. Réduire la quantité d’eau utilisée dans les processus de production. Chez Tetra Pak, notre programme d’écoconception (Design for Environment ou DfE) prend en compte tous les aspects de la conception, de la production et de l’exploitation d’un produit pour réduire les pertes en eau. Par exemple, le Tetra Lactenso Aseptic équipé de la technologie OneStep pour le traitement aseptique du lait réduit l’utilisation d’eau de 60 %, et le pasteurisateur Tetra Therm met en œuvre une automation de pointe pour une utilisation plus efficace des ressources. Il permet ainsi de réduire radicalement la consommation en eau jusqu’à 80 % par rapport aux versions plus anciennes. C’est un avantage concurrentiel majeur.

3. Développer le recyclage et la réutilisation de l’eau. Nous devons gérer la qualité de l’eau. Pour cela, nous devons adopter un comportement responsable pour la collecte, le traitement, le recyclage et le rejet des eaux usées, et superviser les activités susceptibles de menacer la qualité de l’eau. La réutilisation des eaux usées permet de réduire l’impact des polluants déversés dans la nature et la demande en eau potable.

4. Concevoir des usines et des produits qui utilisent l’eau de façon judicieuse. La conception durable doit s’établir fermement dans les esprits et quitter le stade expérimental. Tout processus de conception d’un produit doit commencer par une analyse du cycle de vie complet qui mesure son impact sur l’eau. Cela suppose de prendre en compte l’intégralité de la chaîne logistique, de la fabrication, de la distribution et du mode de recyclage ou la mise au rebut, afin d’optimiser les paramètres de mesures de l’eau utilisée.

Toutes ces actions peuvent nous aider à mieux gérer cette ressource précieuse, mais ce n’est qu’un début. Alors espérons que nous réussirons très rapidement à non seulement mettre en œuvre ces mesures, mais également à inventer des stratégies innovantes pour les améliorer.

*America’s Water Risk : Water Stress and Climate Variability, en anglais

Source : extrait du Huffington Post, par Michael Zacka

Pour aller plus loin :
Film Water Facts, GE

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